L'Histoire du Safran

safran tarn

L’origine de la culture de cette épice est très ancienne, elle est très appréciée et recherchée depuis des millénaires en Asie, au Moyen Orient ainsi que dans les pays méditerranéens.
Surnommé « or rouge » car il faut plus de 150 000 fleurs pour obtenir un kilo d’épice, le safran est produit avec les stigmates de la fleur du crocus sativus, qui n’existe pas à l’état sauvage. Le pollen de ce crocus étant stérile, sa culture et sa multiplication se font donc grâce aux bulbes.

 

 

Des recherches botaniques récentes montrent que le crocus sativus serait le résultat d’une sélection de producteurs, en Crête, qui souhaitaient des stigmates plus longs, en 3500 avant notre ère. 
Effectivement, des fresques représentant deux femmes cueillant du safran ont été découvertes à Akrotiri, dans l’île grecque de Santorin.

Les grecs et les romains connaissaient bien le safran et l’utilisaient fréquemment pour ses multiples vertus.
Après la chute de l’Empire Romain, la culture du safran devint rare en Europe et  il fallut attendre l’invasion des Maures dans la péninsule ibérique pour voir, à nouveau, des cultures du safran, tout d’abord dans le sud de l’Espagne et ensuite en France.
Durant les grandes épidémies de peste noire qui ravagèrent l’Europe de 1347 à 1350, la demande fut très forte, les malades recherchant le safran dans l’espoir qu’il pourrait les guérir.
Après avoir été cultivé à Bâle, et en Angleterre sous le règne d’Edouard III, le safran a été  essentiellement produit en France, en Italie et en Espagne. 

 

Actuellement, l’Iran en est le principal producteur, suivi par l’Inde, la Grèce et l’Espagne.
En France, la production reste artisanale, elle est l’affaire de passionnés.

 

Le safran et les falsifications

En raison de son prix, le safran est aussi l’épice la plus frelatée au monde.
De nombreux vendeurs peu scrupuleux vous proposent du « safran » à des prix défiant toute concurrence, et pour cause, puisqu’il ne s’agit pas de safran mais d’autres épices dont la couleur en est proche, comme le curcuma ou le paprika ; parfois on trouve même de la brique pilée, des barbes de maïs teintées et tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin aux fameux stigmates rouges. 

Des légendes

La première nous vient de la mythologie grecque : Il y a très longtemps, sur le mont Olympe, Hermès jouait au lancer du disque avec un ami nommé Krokus. Ce dernier fut mortellement frappé à la tête par le disque, une pierre plate et coupante. Son sang, en coulant sur la terre la fertilisé, donnant naissance à une petite fleur mauve au pistil rouge sang, le crocus qui symbolise la vie et la résurrection. 

Une autre légende nous conduit sur les traces d’Alexandre le Grand, en 326 avant JC : Un soir d’automne, dans une vallée du Cachemire qu’il se préparait à conquérir, Alexandre le Grand fit installer son campement dans une prairie.
Le lendemain matin, il se retrouva avec son armée au milieu d’un champ de fleurs mauves qui avaient écloses pendant la nuit, comme par magie. Ce tapis de fleurs mauves ressemblait à un drap mortuaire, cela fit peur à cette redoutable armée de 120 000 hommes qui crurent  à un maléfice et refusèrent de continuer à avancer. Alexandre le Grand n’eût pas d’autre choix de de donner l’ordre de la retraite.